Web réservé aux majeurs de plus de 18 ans

Graines de cannabis

Le botrytis et la marijuana

Le botrytis (Botrytis Cinerea), aussi connu sous le nom de pourriture grise, est un champignon qui attaque un grand nombre de plantes, puisque l’on estime que plus de 200 espèces différentes peuvent être infectées. Avec l’oïdium, c’est l’un des champignons les plus fréquents dans les cultures de cannabis en extérieur, c’est pourquoi, lorsque le début de floraison approche, il est utile et indispensable de savoir comment éviter son apparition dans notre jardin. Si le cultivateur est négligeant, et que les conditions de reproduction sont adéquates, une infection de botrytis peut ruiner une récolte en peu de jours, précisément au moment où les plantes atteignent leur plein développement.

Le botrytis peut se reproduire sexué et asexué, s’alimentant des tissus de la plante hôte. Il existe 22 espèces et un hybride dans le genre : Botryotinia, celui qui nous intéresse dans cet article (Cinerea), et qui est utilisé sur certaines vignes afin de produire des vins nobles d’excellente qualité, puisque ce champignon permet d’augmenter les taux de sucre dans le raisin, et améliore les qualités organoleptiques du vin élaboré à partir de celui-ci. Nous verrons par la suite comment l’identifier, le prévenir et le traiter.

Philosopher Seeds

Botrytis cinerea (Photo: Marc Bolda, UCCE)

Le botrytis dans les cultures de marijuana en extérieur

Normalement, la présence de botrytis dans un jardin de marijuana se limite à la période de floraison, et il est relativement rare de le voir dans des jardins d’intérieur. Dans les cultures d’extérieur, le botrytis peut apparaitre pour différentes raisons, bien que les principales sont les pluies et les chenilles. Durant l’été, époque normalement sèche lors de laquelle les plantes poussent et les fleurs ne se sont pas encore développées, il est réellement rare de voir des symptômes de ce champignon. Cependant, en fin d’été et début d’automne, lorsque la majorité des plantes de cannabis sont alors en pleine floraison, les pluies peuvent représenter un grave problème, spécialement lorsqu’une série de facteurs viennent s’y ajouter : plantes en floraison avancée, pluies persistantes sur plusieurs jours, mauvaise circulation de l’air ou humidité trop élevée dans le lieu de culture, peuvent balayer en un rien de temps tous les efforts des derniers mois.

Certains cultivateurs préfèrent couvrir leurs plantes au début des pluies automnales, avec par exemple du plastique pour serre et une simple structure, afin qu’elles ne soient pas trempées à chaque pluie ou rosée. Il existe également sur le marché, différents produits préventifs et traitements, organiques ou chimiques, notablement efficaces contre ce champignon. Nous recommandons l’utilisation de produits préventifs organiques durant le début de floraison, spécialement si la culture est située dans des zones humides ou avec pluies constantes. Le séchage de la récolte extérieure présentera le même risque d’infection que les cultures en intérieur, il sera donc essentiel de s’assurer de contrôler l’humidité dans le séchoir.

Philosopher Seeds

Nous devrons retirer les têtes affectées (Photo: Grasscity)

Autre source possible d’infection, les chenilles. Un classique chaque automne dans beaucoup de jardins. Sans compter les dégâts qu’elles causent à la plante directement (feuilles tordues, têtes “perforées”, etc) les chenilles mangent littéralement les têtes, laissant des sillons à travers les fleurs. Avec les pluies et la rosée matinale, ces sillons finissent par développer du botrytis à cause de l’humidité élevée. Le symptôme classique d’une infection de ce champignon est le flétrissement des fleurs. Celles-ci présentent alors une couleur grisâtre (ou avec des tons marrons), elles changent complètement de texture, et deviennent cotonneuses et friables. En cas de symptômes, nous devrons retirer les têtes affectées et commencer immédiatement un traitement, si cela est encore possible (il est conseillé de ne réaliser aucun type de traitement si la récolte est proche).

Sans doute, le mieux que nous pouvons faire afin d’éviter ce type de situation, est de réaliser un traitement préventif contre les chenilles pendant l’été (par exemple, avec du Bacillus Turingiensis) afin de limiter au maximum leur apparition durant la floraison des plantes. Traitement que nous prolongerons jusqu’à ce que les plantes terminent la préfloraison. Il est important de se rappeler qu’il s’agit d’une action préventive (contre les chenilles, et indirectement contre le botrytis), c’est pourquoi nous devrons le réaliser avant même de voir apparaitre quelconques symptômes dans la culture (le Bacillus est spécialement efficace pour éviter que les chenilles ne pondent leurs œufs sur les plantes, mais aussi, contre les exemplaires adultes).

Philosopher Seeds

Flétrissement des fleurs

Le botrytis dans les cultures de marijuana en intérieur

A moins que les conditions de température, renouvellement de l’air  et – spécialement – de l’humidité, soient réellement défavorables, il n’est pas fréquent de trouver ce champignon dans les cultures d’intérieur. Au cas où une attaque de botrytis apparait dans ce type de culture, le plus probable est que cela soit dû à un niveau excessif d’humidité et/ou, a un faible renouvellement de l’air, chose qui se solutionne facilement en installant un équipement de ventilation dans la culture, compatible avec le volume de celle-ci, ainsi qu’avec les systèmes d’éclairage que nous utilisons.

Une fois la culture d’intérieur terminée, nous ne devons surtout pas baisser la garde, puisque durant le séchage des plantes, nous pouvons subir également le même problème. C’est pourquoi, nous conseillons de ne pas négliger cette phase importante, et de s’assurer en permanence que le taux d’humidité dans le séchoir n’excède pas 50-60%, et qu’il y ait toujours une petite circulation de l’air. Beaucoup de cultivateurs utilisent des armoires de culture de taille réduite avec un petit extracteur à filtre à charbon, de cette manière, ils parviennent à maintenir une bonne circulation de l’air et un niveau d’humidité adéquate, en plus de se libérer de l’odeur intense que dégage le cannabis durant le séchage.

Philosopher Seeds

Nous devrons maintenir une bonne circulation de l’air

Prévention et contrôle du botrytis

Afin d’éviter l’apparition de botrytis, ou pour le maintenir sous contrôle s’il apparait, nous devons prendre une série de précautions :

  • Choisir correctement la variété de marijuana à cultiver. Les sativas comme la Easy Haze ou l’Amnesika 2.0 fonctionnent très bien, tout comme la Early Maroc, qui peuvent se récolter avant que n’arrivent les premières pluies de fin d’été
  • Maintenir les niveaux d’humidité en dessous de 60% et une correcte circulation de l’air et de la ventilation dans la culture
  • Retirer les restes de matière végétale morte ou en décomposition
  • Appliquer périodiquement un fongicide préventif organique
  • Réaliser des applications de Bacillus Thuringiensis durant la préfloraison et les premières semaines de floraison des plantes pour maintenir à distance les chenilles
  • Si c’est possible, couvrir les plantes durant les pluies de fin d’été et d’automne
  • Retirer les parties déjà affectées

Nous espérons que cette série de conseils vous aidera à tenir à distance de vos plantes, ce champignon botrytis, car il est vraiment frustrant de voir tous les efforts et le temps investis durant l’été, anéantis par simple négligence, en fin de culture.

N’hésitez pas à nous laisser en commentaire, vos questions et vous doutes. Nous serons ravis de pouvoir y répondre.

Bonnes cultures !



Commentaires et questions sur Le botrytis et la marijuana

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *